La Faune Locale
Quelques animaux moins communs
Nos animaux sauvages les plus communs sont les chevreuils, les coyotes et les renards. À l'occasion, un orignal est de passage ou y demeure quelque
temps. Parmi les moins communs chez nous sont les ours et les dindons sauvages. Comme ils sont moins communs et qu'on doit partager le territoire
avec eux, il est intéressant de les connaître un peu plus.
Nous avons aussi des espèces ailées qui sont intéressantes à observer de jour et d'autres dont les sons de nuit sont un délice aux oreilles. Un des
sons de nuit le plus primitif et hantant est celui de la Chouette rayée, tel le spécimen dans cette photo prise par Mark Thurman de Mille-Isles.
Ours, chez nous en 2007.
L'Ours Noir
De temps en temps l'ours noir élit domicile à Mille-Isles pour y vivre paisiblement parmi nous. Généralement ce sont des animaux gênés et voilà pourquoi nous les voyons peu souvent. Leur présence chez nous témoigne de la qualité actuelle de notre environnement et dépendra, à l'avenir, de notre habilité à leur préserver des espaces afin qu'ìls vivent en paix chez-nous.
À l'occasion, un citoyen de notre communauté en aperçoit un. Généralement quand ceci arrive l'ours disparaît aussitôt qu'il se rend compte de la présence humaine. Voyez-vous, l'ours à l'état sauvage est un animal qui évite l'homme à tout prix. Sa survie en dépend. Ses autres ennemis sont les chiens (en meute) et les loups.
Comment les ours deviennent-ils dangereux? Malheureusement, la plupart du temps, c'est de notre faute. Lorsque les gens voient un ours sur leur propriété, ils le nourrissent en pensant bien faire. Nourrir l'ours est une erreur magistrale, car l'ours apprend vite à associer la nourriture aux humains. Après quelque temps, cette association (nourriture/humains) enlève chez l'ours sa crainte de l'homme. Éventuellement, l'ours devient de plus en plus osé envers les humains. À l'occasion, certains ours perdent complètement la crainte de l'homme à un tel point qu'ils décident de s'approcher sans crainte de nous et nos résidences. Ils sont tentés par nos jardins, à faire les vidanges, à envahir les sites de camping et dans certains cas extrêmes à entrer de force dans nos chalets et maisons. Lorsque le comportement de l'ours en est rendu là, il devient nécessaire de le détruire. Les relocaliser ne fonctionne pas, car ils peuvent retrouver leur habitat d'origine même si on les relocalise à 200 kilomètres. La plupart du temps les ours relocalisés sont tués par l'ours dominant et souverain du territoire de transfert. Dans d'autres cas, les ours relocalisés meurent de faim parce qu'ils ne connaissent pas suffisamment leur nouveau territoire.
Il y a une chasse du printemps à l'ours. Celle-ci se fait en établissant, environ un mois avant l'ouverture de la chasse, un lieu d'appât où le chasseur laisse une quantité importante de nourriture appréciée des ours. Ce site est ravitaillé régulièrement jusqu'au début légal de la chasse afin qu'il n'y manque jamais de bouffe. À l'ouverture de la saison de chasse, à partir d'une "cache" installée dans un arbre, le chasseur abat l'ours qui s'y rend tous les jours s'y nourrir. Mais qu'arrive-t-il si cet ours n'est pas abattu pendant la chasse? Et bien, à ce moment-là, nous avons sur notre territoire un ours qui n'a plus la crainte des humains et qui associe la nourriture non sauvage à l'homme. Il y a des chances que cet ours devienne un animal dangereux et devra éventuellement être abattu.
Pour conserver nos ours, il ne faut pas les nourrir ou laisser traîner des vidanges.
Le Dindon Sauvage
Quelle surprise lorsque mon épouse et moi avons aperçu un dindon sauvage sur notre pelouse. Lors d'une journée de bruine, l'oiseau était en quête de vers blancs (larves de hannetons et de scarabées).
Le dindon demeura en vue pour quelques minutes nous donnant le temps de confirmer nos observations. Le dindon fut identifié comme une femelle identique à celle dans la photo qui suit.
Les femelles ne sont pas aussi impressionnantes que les mâles, mais quand même elles sont imposantes.
J'avais déjà eu l'occasion d'observer ces oiseaux auparavant lorsqu'en séjour dans les États du Nord-Est Américain. Surtout des femelles, mais aussi quelques mâles. Par contre, j'ai une autre observation au Québec, soit au printemps de 2007 sur la route 117 au sud du village de Labelle lorsqu'un dindon traversa la route en avant de l'auto.
Un peu de recherche et surprise. Ces oiseaux sont déjà installés dans la vallée de la Rivière Rouge entre Arundel et Harrington depuis déjà une dizaine d'années.
Faut croire qu'ils sont en nombre suffisant au Québec, car le printemps il y a une saison de chasse officielle visant cette espèce. La chasse est défendue en automne. Le chasseur en plus d'être détenteur du certificat du chasseur, pour obtenir un permis de chasse au dindon sauvage, devra être titulaire d'une attestation qui confirme qu'il a suivi le cours sur la chasse au dindon sauvage.
Nous leur souhaitons longue vie parmi nous.
Griffe d'ours noir sur un
hêtre, terrain des Ryan.
Chevreuils vs Chiens
Saviez-vous que les chiens, errant dans les bois, posent un problème grave? Tous les ans, les chiens domestiques tuent des chevreuils partout dans la province possiblement même aux Mille-Isles. Les chevreuils sont aux prises avec maintes épreuves pendant l'hiver, mais ce problème particulier en est un que les gens peuvent atténuer. Les propriétaires de chiens qui ne renferment pas ou n'attachent pas leurs chiens de façon adéquate sont irresponsables et peuvent être inculpés d'une infraction et se voir même imposer une amende. La protection de la faune commence chez nous.
Coyotes et Loups
Il m’est arrivé d'entendre les hurlements d'un loup solitaire à quelques occasions au cours des années passées. Cependant, de nos jours, nous entendons surtout les cris de mères coyotes et de leurs petits. Un hiver, deux loups et un orignal mâle ont cohabité un endroit très dense de la forêt situé un peu à l'ouest du lac Ivan, à environ 800 mètres de chez nous. Les loups se nourrissaient de lièvres, lesquels étaient abondants cet hiver-là. Nous attrapions des lièvres au collet que nous laissions là afin que les loups puissent les manger. Chaque matin, avant de partir pour le travail j’enfilais mes raquettes et j’allais remettre des collets en remplacement de ceux brisés par les loups lorsque ces derniers prenaient possession d'un lièvre gelé et essayaient de le transporter ailleurs. Il m'est arrivé d'apercevoir occasionnellement l’orignal que ma présence, d'ailleurs, ne semblait aucunement déranger. Un matin j'ai eu la chance de voir, à une certaine distance, les deux loups, là debout devant moi en plein milieu d'un des sentiers qu’eux et l'orignal ont tapé dans la neige et se partageaient. Ce n'était pas des beaux spécimens comme on voit à la télé dans les documentaires sur la faune, ni beaux comme ceux que j'ai vus dans le Grand Nord canadien. Ils étaient grands et maigres, que de la peau et des os. J'imagine que la diète aux lièvres ne les fournissait pas suffisamment de gras et de protéine. Certainement qu'ils seraient en meilleure condition s'ils avaient passé l'hiver à se nourrir de chevreuils ou de jeunes orignaux. Très tôt, un matin du printemps suivant, j’ai vu un des deux loups sur le chemin Black, devant ce qui est maintenant la résidence de Denis Morissette. Ce fut la dernière fois que je vis un loup à Mille-Isles. Il m’est arrivé, à quelques occasions, de rencontrer des coyotes lorsqu'en randonnée à pieds ou en vélo de montagne dans des sentiers autour de la municipalité ou près des Lac Gustave et de La Montagne. Je suis persuadé que plusieurs résidants de Mille-Isles ont vécu des expériences similaires qu’ils pourraient partager avec nous.